Dossier Acta Litt&Arts : Épreuves de l'étranger

Pascale Roux

Montage sonore : mise en voix de l’expérimentation

Réalisation: Nicolas Thévenet

Texte intégral

« Traduire, […] c’est imiter sans les avoir vus les gestes de l’auteur et retrouver sa voix, déformée mais tout de même reconnaissable, à l’autre bout d’une galerie des murmures où l’on entendrait l’écho de paroles prononcées dans une autre langue, et le plus souvent dans une autre époque. » (G. Macé, Colportage II : Traductions, Le Promeneur, 1997, p. 11)

1Ce montage propose d’appréhender l’expérimentation de traduction et rétrotraduction des quatre poèmes de Gérard Macé par l’intermédiaire d’une expérience auditive. Il reprend les trois grandes étapes de création du corpus, mettant en voix les métamorphoses subies par le texte lorsqu’il est traduit vers les langues étrangères puis, revenant à sa source, à nouveau traduit vers le français. Les poèmes passent d’une langue à l’autre, d’une voix à l’autre, et le montage sonore assure, au-delà de la diversité des versions et des interprétations, la stabilité de la structure, il fournit des repères à l’auditeur tout en le plongeant dans une atmosphère à la fois familière et étrange – atmosphère qui, d’une certaine manière, est celle de toute traduction.

2L’auditeur entendra d’abord, dans la première partie, la voix de Gérard Macé lisant ses vers, puis, dans la deuxième, la variété des langues dans lesquelles ils ont été traduits. La troisième partie entremêle une lecture intimiste des poèmes et les échos qu’en constituent les rétrotraductions en français. Sont mises en scène les relations, diverses, qu’entretiennent ces versions rétrotraduites avec les poèmes de départ : parfois très éloignées, parfois très proches ou même identiques ; fonctionnant par synonymie, périphrase, dérive sémantique ou métaphorique ; jouant avec les connotations, les déplaçant, les effaçant ou les multipliant ; recourant à une expression idiomatique là où le texte de départ n’en comportait pas ou, au contraire, créant des associations inédites…

3Le montage propose ainsi, à son tour, une forme de traduction-interprétation des textes, celle de chacune des personnes qui en a fait une mise en voix, et celle que le montage dans sa totalité constitue, en ouvrant les poèmes à une série d’échos et de nouvelles lectures.

Image 10000201000000CD000000B7710289821C5D88FA.png

                                        + ÉCOUTER SUR L’OUVROIR LITT&ARTS +
                        

Ce montage sonore a été réalisé par Nicolas Thévenet, ingénieur du son (Compagnie Haut et court, Théâtre nouvelle génération de Lyon), avec l’aide de Kevin Woringer (Université Grenoble Alpes, Master Littérature, critique et création), qui a notamment réalisé certains enregistrements et fait un travail de sélection dans le corpus, et de Pascale Roux.

Les voix que l’on entend sont celles de Matteo Capponi, Philippe Chareyron, Amandine Chlad, Gaétan Coco, Gaëlle Grella, Vincent Hermano, Houssam Jalal, Yuki Kawano, Thierry Laplanche, Juliane Lauber, Gérard Macé, Tierry Maré, Emanuela Nanni, Pascale Roux, Pierre Siegenthaler, Nina Soleymani, Moon So-young, Marion Talotti, Yannick de Starac, Nicolas Thévenet, Kevin Woringer.

Pour citer ce document

Pascale Roux, «Montage sonore : mise en voix de l’expérimentation», Acta Litt&Arts [En ligne], Acta Litt&Arts, Épreuves de l'étranger, DOCUMENTS, mis à jour le : 05/10/2018, URL : http://ouvroir-litt-arts.univ-grenoble-alpes.fr/revues/actalittarts/421-montage-sonore-mise-en-voix-de-l-experimentation.

Quelques mots à propos de :  Pascale  Roux

Université Grenoble Alpes – UMR Litt&Arts / ÉCRIRE

Du même auteur